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Pourquoi l’entrepreneuriat social n’est pas le fer de lance de l’innovation scientifique et technologique et comment y remédier ? (2/2)

Pourquoi l’entrepreneuriat social n’est pas le fer de lance de l’innovation scientifique et technologique et comment y remédier ? (2/2)

Table des matières

Politique recherche et innovation

Dans un premier article, nous avons vu que l’entrepreneuriat social et la recherche et innovation peuvent faire l’objet de grandes synergies ! Mais si des pionniers existent à la croisée des deux mondes, la majorité des entrepreneurs sociaux ont du mal à travailler avec le secteur de la recherche.

Pourquoi ? Car ni le système de recherche et d’innovation, ni les politiques publiques en la matière, ne sont au service de la transition sociale et écologique de l’économie.

La stratégie de recherche et d’innovation pour mener cette transition relève plus de la communication : on peut penser à l’initiative #MakeOurPlanetGreatAgain du président Emmanuel Macron qui a permis de financer seulement 40 à 50 chercheurs sur 5 ans sur la question climatique alors que nous parlons d’un des enjeux les plus importants de notre siècle ! Sans compter d’autres sujets qui sont éclipsés comme la biodiversité, sujet tout aussi urgent et crucial. La communauté scientifique ne s’y ai pas laissé prendre et a dénoncé un acte de communication.

Ou encore l’objectif annoncé en 2022 de créer 100 licornes françaises d’ici 2030 et… “parce que les startups ont un rôle à jouer dans la transition écologique, fixons-nous un autre objectif : 25 licornes vertes d’ici 2030 !” [1] avec une pastille verte “25” accolée sur l’objectif des 100. On dirait la pastille “100% recyclé” sur les bouteilles de shampoing pour rassurer le consommateur et se donner bonne conscience sans avoir à changer en profondeur son produit.

Si on rentre dans les détails :

  1. Les stratégies et dispositifs de soutien et d’investissement n’incluent pas ou très peu la dimension sociale et environnementale dans les critères de notations et de financements des projets de recherche. De fait les règles de financement ne sont pas adaptés aux nouveaux acteurs de la recherche. L’impact social est perçue comme une externalité positive, ce n’est pas ce qui met en mouvement la création de consortiums de recherche.
  2. Le monde de la recherche intègre peu et difficilement les préoccupations du terrain portées par des acteurs de la société civile. Les recherches très localisées sur un enjeu spécifique à un territoire, portées par la société civile, ont peu d’intérêt pour le système de recherche. En effet, les savoirs générés sont moins valorisables de façon universelle souligne Lionel Larqué, Directeur Général d’Alliance Science-Société (ALLISS) lors des Universités d’Été du Mouvement Impact France en 2020.
  3. Les politiques de valorisation des savoirs scientifiques et techniques sont uniquement économiques et n’intègrent pas l’impact sur la société. Les KPIs économiques existent : compétitivité, croissance économique, création d’emplois, création de spin-off. Les KPIs sociaux, eux, sont inexistants et donc l’impact social n’est pas mesuré.
  4. Enfin l’évaluation de la recherche en l’état n’encourage pas les chercheurs à développer des collaborations de recherche en partenariat avec la société civile se désole Christophe Roturier, Délégué aux Sciences en Société, INRAE). La loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) qui oriente les budgets de la recherche jusqu’en 2030, ne mentionne aucunement (et donc ne favorise pas) les collaborations avec les citoyens et la société civile (ONG, entrepreneurs sociaux). La collaboration avec le monde de la recherche qui est aujourd’hui presque impossible si l’on n’est pas un grand acteur industriel.

Ouvrir la compétence scientifique et technique aux acteurs de la société

Face à un tel constat, le besoin est donc de modifier en profondeur le système de recherche et d’innovation à la faveur de collaboration avec la société civile de façon plus large et l’intégration de critères sociaux et environnementaux.

Car une politique publique forte engagée pour demain se doit d’ouvrir la compétence scientifique et technique aux acteurs de la société !

Comment faire ?

Plusieurs actions concrètes ont déjà été formulées pour rapprocher le secteur de la recherche de celui de l’entrepreneuriat social, et plus largement des acteurs de la société :

  • Etendre les dispositifs de collaborations avec la société existant qui impliquent de repenser / modifier les stratégies de valorisation et les pratiques de recherche en profondeur : Campus de l’innovation pour la planète (IRD), programmes d’open innovation multi-acteurs spécialement conçus pour répondre à des enjeux de société en premier lieu (The Future Of) pour ne donner que 2 exemples. Il ne s’agit pas d’”inclure” la société par une optimisation de dispositifs classiques, en réalisant quelques aménagements à la marge (vous savez la pastille). Ces nouveaux dispositifs permettent de repenser la façon de faire de la recherche et de l’innovation en profondeur pour que les acteurs de la société et les enjeux sociétaux aient une place centrale et au même niveau que les experts scientifiques.
  • Reconnaître la pertinence de ces dispositifs de recherche science -société d’un point de vue législatif et politique (Lionel Larqué, ALLISS)
  • Établir un langage commun & une cartographie des financements. C’est une des propositions du rapport Financer l’ »innovation sociale” remis au gouvernement en 2020 par Jérôme Schatzman, Directeur exécutif de la Chaire d’Entrepreneuriat Social et d’Innovation Sociale de l’ESSEC.
  • Renforcer l’évaluation et la valorisation de l’impact sociétal des acteurs de la recherche
  • Créer un fond mutualiste et des tiers-lieux de recherche pour impliquer l’écosystème de l’ESS (Lionel Larqué, ALLISS)
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