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Objectif ZAN : 7 étapes pour faire des zones d’activités économiques un levier de sobriété foncière et de renaturation

Table des matières

Le ZAN est un objectif d’aménagement du territoire qui tend à interdire toute artificialisation nette des sols d’ici 2050.

Pour les collectivités, c’est un défi de taille !

▶️ Par exemple, la Métropole Grenoble-Alpes doit réduire sa consommation foncière de façon drastique, elle est passée de 74 hectares de foncier consommés par an en 2005 à 28 hectares par an en 2015 et doit se limiter à un maximum de 14 hectares d’ici 2030 !

Réaménager les zones d’activités économiques, des zones déjà urbanisées et peu denses, constitue un levier pour atteindre le zéro artificialisation nette. Mais ces espaces concentrent de nombreux enjeux, qui sont parfois contradictoires, en particulier dans les zones commerciales.

▶️ Par exemple, l’incitation à installer des panneaux solaires sur les parkings des zones commerciales pour la transition énergétique peut être incompatible avec la lutte contre les îlots de chaleur urbains (ICU) ou la mixité d’usage notamment par l’implantation de logements.

Comment densifier d’une part et végétaliser en laissant de la place à la nature d’autre part ? Il faut une politique d’aménagement qui prend en compte l’ensemble des enjeux sociétaux, environnementaux et économiques.

Pourquoi préserver les sols urbains est crucial ?

Les sols jouent un rôle important dans la régulation du climat. Ceux-ci agissent comme des puits de carbone par le biais de la photosynthèse des plantes ce qui contribue à réduire la concentration de CO2 dans l’atmosphère. En transpirant, les plantes libèrent aussi de l’humidité dans l’air, ce qui peut avoir un effet refroidissant, permettant les îlots de fraîcheur.

Pour s’adapter au changement climatique, il est donc nécessaire de végétaliser les villes. 

Et qui dit végétaliser dit préserver les sols ! Car ce sont eux qui apportent les nutriments et l’eau nécessaire aux plantes pour se développer. 

Or depuis les années 1950, l’Europe a perdu 50% des sols organiques ! En cause, l’artificialisation du sol, par le bitume, le gravier et le béton. L’étalement urbain compromet notre capacité à d’adaptation au changement climatique dans les zones urbaines.

Etape #1 - Impliquer les habitants et les riverains

Dans le cadre d’opérations de réaménagement des zones d’activités économiques, il est impératif d’engager des dialogues avec l’ensemble des parties prenantes dont les riverains. Pour répondre aux besoins des habitants mais aussi pour éviter les frictions ou crises qui peuvent émerger ! 

En effet, si tout le monde en théorie peut s’accorder sur le retour de la nature en ville, en pratique, c’est moins évident. Tonte raisonnée, mares, « mauvaises herbes », présence de « bestioles »… cette transformation implique aussi celle de notre rapport à la nature ! 

Même si les enjeux de biodiversité sont mieux compris par la population, les riverains et usagers demandent un paysage “beau” et “propre”. Le réaménagement de ces zones implique aussi de faire évoluer nos représentations du paysage, du “beau” et du “propre”.

Etape #2 - l’approche de la redirection écologique au service des politiques publiques

Si pour certains acteurs, le ZAN est une contrainte, pour Alexandre Monnin, chercheur en redirection écologique et Professeur à ESC Clermont, c’est plutôt une opportunité ! Celle de repenser profondément le développement et l’aménagement de nos territoires à l’ère de la transition écologique. La redirection écologique est un cadre à la fois conceptuel et opérationnel pour aligner les organisations, leurs activités et leurs infrastructures aux limites planétaires.

En 2021, Alexandre Monnin publie avec le cabinet ARP Astrance une étude de faisabilité sur la transformation des zones commerciales : Comment les zones d’activités commerciales peuvent-elles devenir des futurs quartiers du quart d’heure ?

Etape #3 - former des alliances, exemple de Lidl France et CDC Biodiversité

Lidl France et CDC Biodiversité collaborent depuis plus de 3 ans pour promouvoir la biodiversité sur les sites des magasins de l’enseigne. 

Pour y parvenir, ils ont développé ensemble un cahier des charges strict en matière de paysage et de biodiversité applicable à l’échelle nationale. Mais l’approche reste territoriale ! 

Les écologues travaillent ainsi à définir des objectifs spécifiques à chaque site, en tenant compte du contexte local, des trames écologiques, des végétaux endémiques et de l’adaptation au climat local. Pour garantir la mise en œuvre effective de ces directives, une formation a été dispensée aux 25 directions régionales de Lidl, impliquant plus de 200 personnes.

👀 Tous les acteurs et les initiatives cités ont été réunis et présentées dans le cadre de notre événement organisé avec la Banque des Territoires en 2023 !

Pour en savoir plus sur nos événements, c’est par ici

Etape #4 - Objectif ZAN : implémenter des solutions basées sur la nature

Pour régénérer la biodiversité dans les zones commerciales ou les sites industriels, l’entreprise belge BeeOdiversity collabore avec les abeilles

Grâce au pollen que les abeilles rapportent à la ruche, BeeOdiversity peut identifier dans un rayon d’1,5 km toute la diversité des espèces végétales présentes sur le site. Toutes ces informations sont cristallisées dans le pollen. Les abeilles agissent comme des bio-indicateurs

Le diagnostic réalisé par BeeOdiversity permet aux entreprises d’identifier les actions prioritaires à engager pour favoriser la biodiversité sur les sites.

Etape #5 - Objectif ZAN : mobiliser les modèles informatiques et l’intelligence artificielle

C’est l’approche de TerrOïko, une startup fondée en 2012 par deux docteurs en écologie. L’entreprise développe et implémente des solutions numériques de traitement, d’analyse et de modélisation de données au service de la biodiversité.

Leurs outils permettent d’aider les opérateurs publics et privés à comprendre et laisser une place importante à la biodiversité dans le réaménagement des zones d’activités économiques. Parmi ces outils, SimOïko, logiciel de simulation de la vie de la faune et la flore dans un paysage, et Ocapi, solution dédiée au suivi d’espèces par intelligence artificielle.

Etape #6 - Objectif ZAN : l’occupation transitoire

La vacance de l’immobilier ne cesse d’augmenter ! La période Covid et post-pandémie a amplifié la hausse des vacances dans l’immobilier de bureau en Île-de-France, atteignant un niveau sans précédent de près de 4,5 millions de mètres carrés disponibles. À La Défense, une tour et demie sur dix est vide ! D’ici cinq ans, c’est 6 à 8 millions de mètres carrés de bureaux qui devraient rester vides. 

Comment favoriser l’occupation transitoire de lieux vacants ? Plateau Urbain, coopérative d’immobilier temporaire et d’urbanisme solidaire, est un acteur reconnu dans ce champ en plein essor. Il s’agit de valoriser ces espaces avant de les détruire ou les transformer. 

L’occupation transitoire permet ainsi de recréer des flux et la possibilité de tester de nouveaux usages dans ces zones en mutation. Les zones commerciales, par leur architecture modulable de “boîtes”, peuvent facilement s’adapter à différents usages temporaires. Des exemples concrets, comme la ZAC Saint Vincent de Paul, démontrent que l’occupation transitoire peut ainsi révéler le potentiel de création d’activités non prévues initialement.

Etape #7 - Objectif ZAN : la réhabilitation des friches industrielles

C’est une solution privilégiée pour limiter la consommation foncière ! 

A Ronchamp, petite commune située dans le Parc national des Ballons des Vosges, le cabinet d’architecture Atelier Cité Architecture (ACA) accompagne depuis 10 ans la transformation d’une friche industrielle de 10 000 mètres carrés. en un nouveau quartier polyvalent.

Plutôt que démolir le site qui comprend des bâtiments signés Le Corbusier, c’est un véritable projet d’aménagement urbain qui a été mis en œuvre. Avec une approche singulière : « faire avec », avec la diversité des usages, les mobilités, le climat, les acteurs, et le temps. 

Le site accueille aujourd’hui 12 programmes (pépinière d’entreprises, activités culturelles, brasserie…) qui renforce l’attractivité de la ville et recrée du flux avec les communes environnantes.

Téléchargez le compte-rendu de l’événement !

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