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Low tech

low tech
définition & exemples

Les termes low tech ou basses technologies sont caractérisés en opposition aux high tech : elles sont définies comme des « innovations durables (produits ou services) prenant mieux en compte les contraintes sur les ressources, se focalisant sur les technologies sobres, agiles et résilientes » [1]. Elles visent à accélérer la transition écologique de façon soutenable et durable. Dans le contexte actuel où les challenges liés à la nécessaire transition écologique et technologique ne sont pas exempts de doutes, et où les récits sur ou associés à l’effondrement de notre civilisation se répandent, les tenants des low tech proposent un nouveau modèle de société pour plus de résilience, un récit positif dans lequel la science et la technique sont mis au service de la société d’une manière nouvelle et contribuent à construire un futur juste et durable pour la planète et les humains.

Le monde hautement high tech qu’on nous promets ne fonctionne pas par manque de ressources métalliques, car on s’éloigne de l’économie circulaire en dispersant les ressources et de l’effet rebond de l’efficacité

Philippe Bihouix, ingénieur et auteur de L’âge des low tech Tweet

Si l’économie circulaire est en effet devenue aujourd’hui un concept incontournable au sein des stratégies de développement durable des industries, des politiques publiques et des directives internationales, là encore, les tenants des low tech sont critiques : l’approche high tech semble incompatible aujourd’hui avec l’émergence de l’économie circulaire. Alors que les nouvelles technologies sont gourmandes en métaux rares, il est aujourd’hui difficile et complexe de les recycler, en raison de leurs usages dispersifs et de la complexité des alliages.

REMETTRE EN CAUSE NOS BESOINS ET REPENSER LES FINALITÉS DE L’INNOVATION

Outre le sujet des ressources, il convient également de s’interroger sur leur usage d’un point de vue éthique. En terme d’innovation technologique, les start-ups et géants de l’industrie ne semblent pas manquer d’inspiration : une machine à jus de fruits connectée, bardée d’électronique et de capteurs, qui permet de presser des poches contenant des morceaux de fruits découpés, des chaussettes anti-odeur contenant des particules d’argent, un bikini connecté pour connaitre son exposition au soleil, un distributeur de croquettes automatique pour chat connecté… Quelle est la réelle utilité de ces innovations ?

Les low tech invitent en effet à remettre en cause nos besoins : a-t-on vraiment besoin de ces innovations ? Y gagne-t-on vraiment en confort ? La démarche low tech ne se réduit pas en effet à la seule dimension technologique d’une innovation : elle n’est pas qu’une approche d’éco-conception, visant à produire des objets plus simples et plus durables.

Prenant en compte l’aspect systémique d’un produit ou d’un service, elle invite à réfléchir et à faire évoluer nos usages et les « points de référence culturels (notre rapport au temps, à la mobilité, à l’accumulation matérielle ou à la nature par exemple) : elle vise à remettre en cause les modèles économiques, organisationnels, sociaux, culturels ».

C’est ainsi que dans le contexte actuel de la course effrénée à l’innovation, les low tech réintroduisent la notion de responsabilité et de choix afin de repenser l’innovation.

Pourquoi innovons-nous ? Quelles intentions guident ces actions ? Ce qui est aujourd’hui attendu de l’innovation, c’est d’utiliser des potentialités scientifiques et rencontrer un marché. La high tech sert à augmenter la productivité mais est-ce que ces choix technologiques basés sur la productivité sont pertinents d’un point de social ? Ne serait-il pas en effet plus souhaitable d’orienter l’innovation au profit de l’impact social et environnemental ?

Dans cet esprit, les low tech ne s’inscrivent pas dans une vision manichéenne opposant low tech aux high tech : il s’agit plutôt de trouver un équilibre entre la high tech là où elle est réellement créatrice de valeur (une machine IRM par exemple créée plus de valeur sociale qu’une voiture entièrement électronique) et la low tech, ou encore d’adopter une démarche de lower tech (épurer un produit électronique de ses fonctionnalités superflues par exemple). Les low tech proposent ainsi de repenser l’innovation afin de « mettre la technique (réellement) au service de l’homme ».

Ni réfractaire et opposée au progrès, ni nostalgique d’un passé idéalisé, les low tech invitent à expérimenter d’autres modèles plus sobres, orientés vers la préservation et la restauration des écosystèmes, l’économie des ressources tout en créant emploi et lien social, résilience et autonomie et in fine amélioration des conditions de vie, liberté et épanouissement des individus.

[1] La Fabrique écologique, Vers des technologies sobres et résilientes – Pourquoi et comment développer l’innovation « low »tech » ?, note issue du groupe de travail présidé par Philippe Bihouix, 2018.